Comment (re)trouver du sens quand il n’y en a pas ou plus ? (2ème partie)

Il y a quelques semaines je vous ai proposé la réflexion suivante : « Comment trouver un sens positif aux situations qui s’imposent à nous, ou qui ne font plus sens pour nous ? ». Nous avons vu notamment l’impact du manque de sens sur notre motivation et notre énergie pour agir.

Quels peuvent bien être les bénéfices cachés d’un conflit avec son meilleur ami, les opportunités associées à une brutale contrainte budgétaire, l’avantage à être déçu-e par un métier que l’on avait pourtant choisi ? Notre quotidien est fait d’imprévus, de contraintes et potentiellement d’une accumulation de frustrations si nous ne prenons pas garde à notre manière d’y réagir. Pour autant nous avons vu que « dans toute situation, l’homme reste libre de choisir son attitude face aux situations que l’environnement extérieur lui imposent » (Viktor Frankl).

Lorsque les choses ne semblent pas faire sens pour nous, l’une des questions que l’on peut se poser, en toute responsabilité, est : Ai-je envie de trouver ou de donner un sens positif à la situation à laquelle je suis confronté-e ? Dès lors que la réponse est oui, une réflexion peut s’engager : « Quel sens positif cette situation peut-elle bien avoir ? Pour moi-même, pour les autres, pour nous en tant que famille ou en tant qu’équipe ? ».

 

S’agit-il de trouver ou de donner du sens ?

Les deux mon capitaine ! Dans toute situation, on peut trouver du sens pour soi-même ou bien en attribuer à ce qui se passe. Nous allons le voir un peu plus loin à propos du fait de perdre son emploi par exemple. On peut donner du sens à un groupe d’amis pour les fédérer autour d’un projet commun, ou bien décider de trouver du sens ensemble. Là aussi nous donnerons une illustration un peu plus loin dans cet article.

Ensuite regardons de quoi on parle lorsqu’on parle de sens, A QUOI peut-on donner du sens ? Dans quoi peut-on trouver du sens ?

Souvent les personnes confondent « l’objet » du sens. Effectivement il paraît bien difficile de trouver un sens positif à une décision à priori totalement stupide qui s’impose à nous, ou bien à une situation douloureuse. En réalité ce n’est pas la décision de notre boss que nous devons finalement trouver géniale (1) ; c’est aux conséquences de la décision que l’on peut choisir de trouver un sens positif !

(1) Rappel de la situation vue dans la première partie de l’article : « Mon patron me demande de livrer un projet informatique au 31 décembre, en sachant qu’il n’est pas terminé et qu’il fonctionnera en mode dégradé pour le client. Mais il faut clôturer le budget, donc le projet, que l’on reprendra courant 2019, sous pression, pour remettre la situation à flot ! »

Nous pouvons donc donner du sens à… ou trouver du sens dans… :

  • L’action, l’objectif à atteindre, le travail en lui-même, l’œuvre produite : C’est l’idée de défi, de challenge, de performance – Dans notre exemple (1) voici le sens que l’équipe a finalement trouvé : Réussir à préserver la qualité de la relation avec le client, tandis que nous sommes contraints par une décision hiérarchique de lui livrer un logiciel qui fonctionne en mode dégradé. Préparer les conditions qui permettront que le projet fonctionne mieux qu’aucun projet de ce type n’a jamais fonctionné lorsque nous le reprendrons dans 6 mois.
  • La signification, l’enjeu : On touche ici à la compréhension des personnes mobilisées sur un projet, une mission. Donner du sens à ce que l’on fait et « pour quoi » on le fait. La question peut aussi être celle du « pour qui » on le fait ? – Dans notre exemple (1) l’équipe s’est interrogée de la façon suivante : Pourquoi le fait de différer la finalisation du logiciel est important pour notre entreprise ? En quoi le fait de rester mobilisés pour suivre le client et lui donner satisfaction lorsque nous reprendrons le projet est important pour nous ?
  • L’expérience, l’apprentissage : Que pouvons-nous apprendre de cette expérience ? Qu’avons-nous à vivre au travers de cette expérience ? En tant que personne, en tant que collectif, en tant qu’expert, etc. – Dans notre exemple (1) l’équipe a dégagé l’axe suivant : Cette expérience peut nous permettre de développer un esprit d’équipe et une solidarité plus forte. Nous pouvons trouver des manières astucieuses de limiter l’impact du travail en mode dégradé pour le client, et ainsi apprendre à optimiser un mode de fonctionnement qui nous est régulièrement imposé…
  • L’attitude : Lorsque nous sommes confrontés à une situation accablante et que nous ne pouvons pas changer, à tout le moins il nous appartient de changer notre attitude à l’égard de nous-mêmes, de définir quelle attitude nous choisissons d’adopter face à ce qui a l’allure d’une fatalité. Ce que Viktor Frankl appelle les valeurs d’attitude – Dans notre exemple (1) l’équipe pouvait choisir la résignation et une attitude de victime vis-à-vis du client : « Ce n’est pas nous, c’est la direction ». Elle a choisi d’explorer des options constructives pour tous.

« Le jour où je suis sorti de prison, quand j’ai vu tous ces gens qui m’observaient, un flot de colère m’a envahi à la pensée qu’ils m’avaient volé vingt-sept années de ma vie. [Alors je me suis dit :] « Nelson, quand tu étais en prison, tu étais libre ; maintenant que tu es libre, ne deviens pas leur prisonnier. » Nelson Mandela

 

Je me souviens du témoignage d’un salarié qui avait été licencié après 30 ans d’ancienneté dans la même entreprise. Pour sa reconversion il s’était lancé dans une activité d’élevage d’escargots. Il m’avait dit une année plus tard « J’en avais envie depuis des années, mais je n’aurais jamais osé tant que j’avais un emploi. Aujourd’hui je me rends compte que j’ai vraiment le mode de vie qui me convient. » Il avait trouvé un sens à son licenciement.

Un autre échange m’avait frappé à propos du sens que l’on peut trouver dans son travail. A l’époque je venais de prendre un poste dans une usine de fabrication de pare-chocs. J’étais allé rencontrer les opérateurs de production pour entendre comment ils vivaient leur travail, ce qu’ils en pensaient. Un ouvrier m’avait parlé avec une grande fierté des opérations de vissage et de vérifications qu’il effectuait sur les pièces, et de la manière dont il contribuait ainsi à la sécurité des futurs automobilistes !

Il arrive qu’un accident ou une maladie donne un nouveau sens à la vie des personnes directement concernées. Mais aussi que la naissance d’un enfant, une rencontre amoureuse nous fasse voir le monde sous un jour différent.

 

Ces exemples nous permettent de constater que le besoin de sens n’a pas la même signification pour tous… Pour certaines personnes ce qui fait sens est de pouvoir décider en toute indépendance. Ou bien ce qui fait sens est de contribuer au bien-être des autres, par exemple d’animer une formation qui permet aux participants d’évoluer. Certains encore ont besoin de pouvoir agir en accord avec leur morale pour trouver du sens aux situations : pouvoir être fidèle à mes valeurs, à mon éthique.

Et vous ? Qu’est-ce qui fait sens pour vous ?

2 commentaires sur “Comment (re)trouver du sens quand il n’y en a pas ou plus ? (2ème partie)

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  1. Depuis toute petite je cherche toujours le sens de ce que je vis/traverse. Pour moi le hasard n’existe pas… Chaque situation est là pour une raison, que j’en sois consciente ou non, que je trouve la raison ou non… Tout ce qui arrive, au moment où cela arrive, avec qui cela arrive, se produit car cela doit être sinon cela ne serait pas…

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